Un livret indispensable pour briser le silence et s’informer
Les personnes en situation de handicap, et tout particulièrement les femmes, font face à une réalité alarmante trop souvent passée sous silence. En Europe, on estime que 4 femmes handicapées sur 5 subissent des violences ou des maltraitances au cours de leur vie. Face à cette vulnérabilité accrue par l’isolement ou la dépendance, la Fédération Régionale des CIDFF (Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) du Grand Est et le réseau Intim’Agir Grand Est ont uni leurs forces.
Financé par la Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité, ils ont publié un outil d’aide précieux : le Livret Violences et Handicap. Ce guide interactif a été conçu avec des mots simples pour être accessible et utile à tout le monde : les personnes handicapées elles-mêmes, leurs proches (les aidants familiaux) et les professionnels du secteur médico-social ou de la justice.
Voici une présentation détaillée des trois grandes parties qui composent ce livret.
Partie 1 :
Les violences faites aux personnes en situation de handicap : de quoi parle-t-on ?
Cette première partie pose les bases indispensables pour comprendre le sujet. Elle s’attache à définir précisément le handicap et à décrypter les mécanismes des agressions.
Mieux comprendre le handicap : En s’appuyant sur la loi de 2005, le livret explique que le handicap ne se résume pas à une déficience médicale. C’est avant tout la rencontre entre les difficultés de santé d’une personne et un environnement non adapté (comme des lieux inaccessibles ou le manque d’outils pour communiquer).
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Les 7 types de handicap : Pour aider les lecteurs à y voir plus clair, le manuel détaille les différentes réalités : auditif, cognitif, intellectuel, moteur, visuel, psychique, ainsi que les maladies invalidantes.
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Le handicap invisible : L’accent est mis sur un chiffre clé : 80 % des handicaps ne se voient pas (troubles de la mémoire, douleurs chroniques, surdité légère). Le livret nous invite ainsi à déconstruire nos préjugés au quotidien.
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Le rôle des aidants : Un focus est également consacré aux aidants familiaux, ces proches qui soutiennent bénévolement la personne au jour le jour.
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Décrypter les mécanismes des violences :
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Les formes de violences : Le texte passe en revue les agressions physiques, psychologiques, verbales et sexuelles. (Les femmes handicapées sont d’ailleurs 4 fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que les autres femmes).
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Les violences par négligence et épuisement : Le livret aborde avec beaucoup d’humanité les situations délicates où un aidant familial, totalement épuisé par la charge quotidienne, en vient à délaisser ou à maltraiter involontairement la personne aidée.
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L’emprise et les agresseurs : Le guide décode le cycle des violences et montre comment un agresseur utilise la dépendance d’une personne pour mieux l’isoler et la contrôler.
Partie 2 :
Comprendre les violences chez les personnes en situation de handicap
Cette section centrale est plus psychologique. Elle aborde les notions de choix et explique les barrières spécifiques qui empêchent les victimes de donner l’alerte.
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La notion essentielle de consentement :
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Le livret met en garde contre l’infantilisation. Si l’entourage choisit toujours tout à la place de la personne handicapée (ses vêtements, ses repas, ses activités), celle-ci n’apprend pas à dire « non ».
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Développer l’autonomie au quotidien est présenté comme une armure indispensable : cela permet à la personne d’apprendre à exprimer un consentement libre et éclairé dans toutes ses relations.
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Les obstacles majeurs pour parler et être entendu :
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Révéler des faits de violence est souvent un parcours du combattant. La parole des personnes handicapées est encore trop souvent minimisée ou mise en doute.
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De plus, certains traumatismes se traduisent par des changements de comportement (agressivité, repli sur soi) qui sont parfois faussement attribués au handicap plutôt qu’à l’agression subie.
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Enfin, le livret souligne une barrière terrible : la peur de perdre son aidant. Si l’agresseur est la seule personne qui aide la victime à se laver ou à manger, celle-ci peut préférer se taire plutôt que de se retrouver totalement abandonnée.
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Partie 3 :
Agir auprès des personnes en situation de handicap victimes de violences
C’est la partie « mode d’emploi », extrêmement concrète. Elle guide pas à pas les personnes qui reçoivent la parole d’une victime et détaille les procédures.
L’accompagnement et la bonne posture :
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Elle dote l’entourage et les professionnels de repères bienveillants : ne jamais blâmer la victime, ne pas lui demander « pourquoi tu n’as pas parlé avant ? », et surtout, la croire sans chercher à mener l’enquête soi-même, ce rôle revenant à la justice.
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Le parcours judiciaire et les dépôts de plainte :
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Le livret clarifie des points de loi cruciaux : une personne sous tutelle ou curatelle a le droit de porter plainte seule, sans avoir besoin de l’accord de son tuteur. Si le tuteur est lui-même l’agresseur, la justice nomme immédiatement un administrateur indépendant pour protéger la victime.
Pour faciliter le dépôt de plainte, le guide conseille (hors urgence) de prendre rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie afin de préciser à l’avance les besoins matériels ou d’accessibilité de la victime.
Les spécificités de l’entretien et le réseau d’aide :
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Le manuel apprend aux écoutants à adapter leur communication, par exemple en utilisant le langage FALC (Facile à Lire et à Comprendre) ou des outils alternatifs (images, pictogrammes) pour libérer la parole de ceux qui ne s’expriment pas oralement.
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Enfin, le livret propose des fiches réflexes et liste les numéros d’urgence indispensables. Il présente les structures régionales comme les CIDFF et le réseau Intim’Agir, prêts à prendre le relais pour offrir un accompagnement social, juridique et médical complet.




