Actualités

Les Français, les personnes en situation de handicap et leur vie amoureuse et sexuelle

enquête opinionway pour apf france handicap

Regards croisés sur la vie amoureuse et sexuelle des personnes en situation de handicap

Aimer, désirer et construire une relation affective ou sexuelle est essentiel au bien-être de chacun. Pourtant, en France, ce besoin universel demeure un parcours semé d’embûches pour de nombreuses personnes. C’est ce que révèle une grande étude OpinionWay réalisée pour APF France handicap en juin 2026, menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes de la population générale et de 810 personnes en situation de handicap.

les mêmes désirs, les même besoins
couple s'embrassant sur la plage

Des attentes identiques, mais un quotidien inégal

L’enquête démontre d’abord que les aspirations fondamentales sont les mêmes pour toutes et tous. Pour 85 % des personnes en situation de handicap (contre 84 % de la population générale), les gestes de tendresse et le contact physique sont importants pour l’équilibre personnel. De plus, 77 % d’entre elles accordent une grande valeur à la vie amoureuse et 66 % à la vie sexuelle. Cependant, le décalage s’exprime dans la possibilité réelle de vivre ces relations. Une personne en situation de handicap sur deux (50 %) déclare avoir déjà renoncé à une relation amoureuse ou sexuelle par peur du regard des autres, du rejet ou de l’incompréhension. Chez les 25-34 ans, cette proportion s’élève même à 70 %.

Les obstacles matériels et le poids du tabou

Les difficultés ne reposent pas uniquement sur des aspects psychologiques ou de santé. L’environnement et l’accessibilité jouent un rôle déterminant :

  • 46 % des personnes interrogées indiquent que des contraintes matérielles ou d’accessibilité ont déjà limité leur vie intime.
  • 42 % dénoncent le manque d’accompagnement ou d’informations adaptées.
  • 39 % souffrent d’un manque d’intimité ou d’espace personnel.

De plus, le sujet reste difficile à aborder publiquement. Si 92 % de la population générale estiment que la vie amoureuse et sexuelle est un droit fondamental pour tous, 86 % reconnaissent que le sujet demeure tabou en France.

Un appel citoyen pour faire évoluer la loi

Face à ce constat, les Français demandent des changements majeurs. Une très large majorité (94 %) souhaite une meilleure prise en compte de la vie intime des personnes handicapées dans les politiques publiques.

L’opinion publique soutient également la levée des blocages juridiques : 81 % de la population (qu’elle soit ou non en situation de handicap) se disent favorables à la création d’un cadre légal pour l’assistance sensuelle et sexuelle. Aujourd’hui interdit en France, ce service permettrait à un professionnel formé d’apporter une attention sensuelle ou sexuelle dans le respect du consentement et des choix de la personne.

Au Danemark, en Suisse et aux Pays-Bas, les assistants sexuels sont autorisés voire remboursés par la Sécurité sociale. En France, le pays des libertés, nous, personnes en situation de handicap, n’avons pas le droit d’avoir une vie sexuelle […]. Je veux que les choses changent officiellement.

— Nils, témoin de la campagne #23MillionsDeVoix.

La société reconnaît le droit, constate les discriminations et demande une action publique. Il ne manque plus que la volonté politique.

— Pascale Ribes, Présidente d'APF France handicap.

Pour conclure

APF France handicap appelle désormais le gouvernement et le Parlement à agir concrètement pour garantir le respect de l’intimité, l’accessibilité universelle et la liberté d’aimer pour chaque citoyen.

les revendications d'APF France handicap
Retrouver le rapport complet en cliquant sur l’image.
Enquête opinionway pour APF