Ce service me permet de gagner en confiance.
J’ai appris à vaincre mes craintes pour manipuler mon bébé, le changer.
Devenir ou être parent est une aventure unique, mais qui s’accompagne de nombreux défis. Lorsque le handicap s’invite dans le parcours de la parentalité ou de la périnatalité, ces défis se multiplient. En Gironde, le service Cap Parents Gironde se positionne comme un appui incontournable pour accompagner les familles avec bienveillance, du désir d’enfant jusqu’à ses 18 ans, quelle que soit la situation de handicap.
Selon votre expérience quels sont les principaux défis mais aussi les plus belles victoires des personnes en situation de handicap concernant (la vie affective et sexuelle/ou/ la parentalité ?
Selon notre expérience au sein de CAP PARENTS, l’un des principaux défis pour les personnes en situation de handicap reste de pouvoir vivre pleinement leur vie affective, intime et sexuelle, mais aussi de pouvoir construire un projet de parentalité et exercer leur rôle de parent librement et sereinement.
Nous constatons encore que ces questions sont empreintes de nombreux préjugés, de représentations et parfois de tabous. Le désir d’aimer, de vivre en couple ou d’avoir un enfant peut encore être questionné, voire remis en cause, du fait du handicap. Les personnes doivent parfois faire face au regard des autres, mais aussi à des difficultés pour accéder à une information compréhensible et adaptée, être entendues dans leurs choix et bénéficier d’un accompagnement qui respecte leur intimité, leur autonomie et leurs droits.
Pour autant, nous observons aussi de très belles évolutions et de véritables victoires. Ce sont ces moments où une personne ose exprimer un désir, formule un projet, prend confiance en ses capacités, s’autorise à faire des choix et trouve progressivement sa place dans son rôle de partenaire ou de parent.
Nous constatons également une autre belle avancée, celle de la mobilisation des professionnels du territoire. Ces questions sont aujourd’hui davantage entendues, reconnues et prises en considération. Nous avons la chance de pouvoir compter sur des partenaires sensibles à ces enjeux, qui souhaitent faire évoluer leurs pratiques et qui ont à cœur de favoriser et de sécuriser les parcours des futurs parents et des parents en situation de handicap.
Cette prise de conscience et cette mobilisation collective sont pour nous une véritable victoire. Elles permettent de faire évoluer les regards, de décloisonner les pratiques et surtout de construire, ensemble, des réponses plus adaptées aux besoins des familles, afin qu’elles ne soient pas seules dans leur parcours.
Dans notre accompagnement, nous avons notamment à cœur de valoriser les compétences des parents, de partir de leurs ressources plutôt que de leurs difficultés et de leur permettre de développer leurs propres repères. Il ne s’agit pas de faire à leur place, ni de leur imposer une manière de faire, mais de les accompagner en tenant compte de leurs besoins, et de leur rythme.
Je pense que notre plus belle victoire est finalement de voir les personnes gagner en confiance, en autonomie et en pouvoir d’agir. De les voir devenir actrices de leurs choix, et de leur parcours de parents.
Car au-delà du handicap, il y a avant tout des personnes, des histoires de vie, des envies et des projets. Notre rôle est de contribuer à ce que le handicap ne soit jamais, à lui seul, un obstacle au droit d’aimer, d’être aimé, de choisir sa vie et d’être parent.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire comment vous avez connu intimagir nouvelle aquitaine ?
Je suis Laure Carpentey, Directrice de CAP PARENTS Gironde.
Notre service accompagne les futurs parents et les parents en situation de handicap, du désir d’enfant jusqu’aux 18 ans du dernier enfant, dans leur parcours de parentalité. Notre mission est de leur permettre d’exercer pleinement leur rôle de parent, en tenant compte de leurs besoins, de leurs ressources et de leur situation, tout en favorisant leur autonomie et leur pouvoir d’agir.
Implanté en Gironde, CAP PARENTS intervient au plus près des familles et des professionnels du territoire départemental. Au fil des années, nous avons également développé une dynamique partenariale importante avec les acteurs du champ du handicap, de la périnatalité, de la santé et de la parentalité. Notre expertise et notre expérience nous amènent aujourd’hui à inscrire notre action dans une dynamique plus large, à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, notamment autour du partage des pratiques, de temps d’appui technique, de sensibilisation et d’ingénierie.
C’est dans cette volonté de développer nos connaissances, de croiser les expertises et de renforcer nos partenariats autour des questions liées à la vie affective, intime et sexuelle des personnes en situation de handicap que nous avons rencontré Intimagir Nouvelle-Aquitaine.
Leur démarche et leur expertise ont particulièrement retenu notre attention, car ces sujets sont étroitement liés aux questions de parentalité. Le désir d’enfant, la vie de couple, la vie affective et sexuelle, le consentement ou encore l’accès à l’information sont autant de dimensions qui doivent pouvoir être abordées dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
Pour CAP PARENTS, il était donc essentiel de pouvoir s’appuyer sur cette expertise complémentaire afin d’enrichir nos pratiques, de faire évoluer le regard des professionnels et de contribuer, à notre niveau, à une meilleure prise en compte de ces enjeux sur notre territoire.
CAP PARENTS GIRONDE POUR LES PROS:
En complément de son travail auprès des parents, Cap Parents Gironde agit comme une véritable ressource pour les acteurs de terrain. Le service propose des guidances professionnelles, des appuis techniques et des modules de sensibilisation sur mesure (de 1 à 5 jours) pour renforcer l’expertise des équipes locales. Véritable pionnier et service pilote en Nouvelle-Aquitaine, Cap Parents épaule également le déploiement de structures similaires dans toute la région pour répondre aux objectifs d’inclusion de demain.
En travaillant en étroite articulation avec les dispositifs de droit commun et les partenaires locaux — et en synergie avec des structures comme le centre ressource IntimAgir Nouvelle-Aquitaine —, Cap Parents Gironde contribue concrètement à faire de la parentalité une réalité accessible à tous.
La lutte contre les violences et le respect du consentement sont au cœur de nos engagements. Quel message ou quel conseil essentiel aimeriez-vous transmettre pour que chacun puisse se sentir en sécurité et respecté dans ses relations ?
Pour nous, le message essentiel est que chacun doit pouvoir être libre de ses choix et être respecté dans son corps, son intimité et ses relations. Le consentement, le respect de soi et de l’autre ne doivent jamais être négociables.
Dans notre expérience, nous constatons que les personnes ne disposent pas toujours des mêmes repères pour identifier ce qui est acceptable ou non dans une relation. L’éducation, le vécu, l’environnement familial et social, mais aussi l’accès à l’information jouent un rôle important dans la manière dont chacun comprend ses droits, ses limites et le respect de l’autre.
Il nous semble donc essentiel de rendre ces sujets accessibles à tous, avec des informations adaptées et compréhensibles. Il faut pouvoir parler librement de ces questions, oser poser des questions, exprimer ses doutes et ne pas avoir peur du jugement.
Nous avons aussi un rôle important à jouer, en tant que professionnels, pour créer des espaces de parole où chacun peut se sentir écouté, entendu et en confiance même en tant que parent.
Enfin, je dirais qu’il ne faut pas rester seul face à une situation qui questionne ou qui met mal à l’aise. En parler à une personne de confiance ou à un professionnel peut permettre de mieux comprendre ce que l’on vit, de mettre des mots sur ses ressentis et de connaître ses droits.
L’essentiel est que chacun puisse se sentir légitime dans ses choix, savoir qu’il a le droit de dire oui, de dire non, de changer d’avis et, surtout, de ne jamais avoir à subir une situation qu’il ne souhaite pas.
Si vous deviez recommander un outil, un livre, un film, un lieu ou une ressource qui vous a aidé ou inspiré dans votre parcours, quel serait-il ?
Je citerais notamment les albums jeunesse « Interdit de me faire mal ! » et « C’est mon corps ! » de Mai Lan Chapiron, ainsi que « Le consentement », de la collection « Mes p’tits pourquoi » aux éditions Milan. Ce sont des supports accessibles pour aborder dès le plus jeune âge le respect du corps, le consentement et la prévention des violences. Ils permettent dès le plus jeune âge d’ouvrir le dialogue, d’aider les enfants à exprimer leurs limites et à comprendre que chacun a le droit de dire oui ou non.
Je recommanderais également le site **Mon Parcours Handicap**, qui propose des informations et des ressources autour de la vie intime, affective et sexuelle et de la parentalité des personnes en situation de handicap.
Je citerais également les outils de communication adaptés, notamment les supports visuels comme les photos, les pictogrammes ou encore des outils tels que la mallette « Moi comme parent ! ». Ce sont des supports précieux pour faciliter les échanges, permettre aux personnes d’exprimer leurs besoins, leurs envies et leurs questionnements, notamment lorsque la communication verbale ou la compréhension peuvent être plus difficiles.
Je pense également aux livrets et supports en FALC (Facile à Lire et à Comprendre), qui permettent de rendre l’information accessible au plus grand nombre. C’est notamment le travail que nous avons souhaité mener au sein de CAP PARENTS Gironde avec la création de notre livret « Mon parcours maternité » . Conçu à partir des retours des familles et des observations des professionnels de terrain, il vise à rendre les différentes étapes de la maternité plus compréhensibles et à permettre aux futurs parents de mieux se repérer dans leur parcours.
Je citerais aussi les nombreux livres autour de la parentalité, qui, avec beaucoup de douceur et de simplicité, abordent les questionnements, les joies et parfois les difficultés du quotidien parental.
Tous ces outils ont un point commun : ils permettent de mieux comprendre, de communiquer, de se rassurer !
Et finalement, ils nous rappellent une chose essentielle, qui est au cœur de notre accompagnement à CAP PARENTS : les personnes que nous accompagnons sont avant tout des parents. Elles ont, comme tous les parents, des envies, des doutes, des questionnements, des compétences et surtout une place légitime auprès de leurs enfants.
Le handicap ne doit pas définir leur parentalité. Il doit simplement être pris en compte pour leur permettre de vivre pleinement leur rôle de parent.
Quel est votre souhait, votre projet ou votre « mot de la fin » pour faire avancer la société vers une meilleure inclusion et prise en compte de ces sujets ?
Mon souhait serait que la vie affective, intime et sexuelle, tout comme la parentalité des personnes en situation de handicap, deviennent des sujets que l’on puisse aborder naturellement, sans tabou, sans jugement et surtout sans avoir à se justifier, dans le droit commun.
Il reste encore du chemin à parcourir pour faire évoluer les regards et les représentations. Cela passe notamment par une accessibilité de l’information, la sensibilisation et la formation des professionnels, mais aussi par une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs qui accompagnent les personnes, sur nos territoires.
Au sein de CAP PARENTS, nous souhaitons poursuivre notre engagement auprès des familles, mais aussi continuer à faire évoluer les pratiques professionnelles, développer les partenariats et contribuer à une meilleure reconnaissance des droits et des compétences parentales des personnes en situation de handicap.
Je crois profondément qu’il ne faut pas chercher à faire autrement avec ces personnes, ces parents, mais plutôt à leur permettre de faire, de choisir et de vivre comme chacun, en tenant compte de leurs besoins, de leurs ressources et de leurs éventuelles difficultés. Notre rôle n’est pas de faire à leur place, mais de créer les conditions pour qu’elles puissent exercer pleinement leurs droits et leur autonomie.
Enfin, s’il y avait un message à retenir, ce serait celui-ci : avant de voir le handicap, regardons la personne, ses envies, ses projets et ses compétences. Une personne en situation de handicap a le même droit que chacun d’aimer, d’être aimée, de choisir sa vie et de devenir parent.
L’inclusion ne doit pas seulement consister à permettre aux personnes d’avoir une place dans la société, elle doit aussi leur permettre de vivre pleinement la vie qu’elles ont choisie.






